Arraché à son propre monde et précipité sur celui-ci par une magie qui n'était pas la sienne, le Dieu Estropié est un dieu mutilé, retenu par des chaînes que les autres puissances ont forgées pour le contenir. Il apparaît le plus souvent comme une silhouette pliée sous des haillons, dans une tente délavée au bord d'une plage, jetant des graines dans un brasier pour épaissir la fumée. Il souffre en permanence, et il rend cette souffrance au monde avec une patience d'immortel. C'est l'antagoniste qui donne son titre au dernier tome du cycle.
Parcours tome par tome
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Tome IIILes Souvenirs de la glace
Il mène ici plusieurs assauts à la fois. Il s'allie au Roi-Prêtre du Domin de Pannion pour répandre le plus de souffrance possible, et il empoisonne les voies de la magie elle-même, ce qui rend leur propre pouvoir dangereux pour les mages du cycle. Surtout, il pose à Caladan Rumin un dilemme sans issue : les chaînes qui le retiennent passent par la chair d'une déesse endormie et l'infectent comme un cancer. Briser ces chaînes arrêterait le mal, mais libérerait sa vengeance et réveillerait la dormeuse, dont le moindre mouvement effacerait toute civilisation.
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Tome VLes Marées de minuit
C'est son tome de présence physique maximale. Il tient sa tente sur une île perdue, au bout de la chaîne de souffrance qu'il traîne depuis sa chute. Il y garde en esclavage un forgeron meckros à qui il fait fabriquer une épée, lui donne trois créatures difformes pour serviteurs, et rappelle à la vie Sandalath Drukorlat, morte depuis des siècles, pour la lui donner comme épouse. Puis il offre à Rhulad Sengar ce qu'aucun mortel ne refuse : revenir de la mort autant de fois qu'il le faudra. Le cadeau est le piège, et l'empereur mettra deux tomes à s'en apercevoir.
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Tome VIILe Souffle du Moissonneur
Il agit désormais par la parole plutôt que par la main. Sa voix s'installe dans l'esprit de Janall, qu'il use jusqu'à la corde, et il souffle à Rhulad de reprendre l'épée chaque fois que l'empereur vacille. Sa manœuvre la plus fine vise Karsa Orlong : il lui ouvre un portail vers son pays natal, la seule chose que le Teblor désire vraiment, et ne demande rien en échange, en apparence. Karsa refuse. C'est l'une des rares fois du cycle où le dieu s'entend dire non en face, et il n'y était pas préparé.